Soeurs de Bernard Minier

Temps pour lire le roman : trois jours

Lieu de lecture du roman : Métro, canapé

Nombre de pages du roman : 480

Note : 4,5/5

Genre du roman : roman policier

Maison d’édition : XO éditions

Merci beaucoup à XO Editions pour ce livre !

Critique

L’histoire début en mai 1993. Deux soeurs de 20 et 21 ans sont retrouvées morts sur les bords de la Garonne par un passant. La particularité de ce double meurtre : chacune porte une robe de communiante. Le groupe de la PJ de Toulouse est saisi, au sein duquel le jeune Martin Servaz fait ses premières armes. L’enquête va alors très vite mener vers Erik Lang, auteur très reconnu de polars mais aux moeurs plus que suspectes. Seulement, l’affaire va conduire rapidement à un autre suspect et l’enquête va être fermée… Mais pas pour Servaz !

25 ans plus tard, la femme de l’écrivain est assassinée à son domicile. Et notre cher Martin va se retrouver attrapé par l’affaire. Mais quel peut bien-être le lien entre le double homicide d’il y a 25 ans et ce meurtre-ci ? Et si à l’époque il n’avait pas eu le bon coupable ?

Je l’avoue directement : j’ai lu l’ensemble des romans de Bernard Minier à l’exception de Nuit, le livre qui précède Soeurs. Pourquoi ? Tout simplement car je n’ai pas eu le temps avec le blog. C’est donc avec quelques lacunes dans l’histoire que j’ai entamé ce énième tome de Servaz. Heureusement pour moi, il est fait relativement rapidement, dès que l’on aborde notre époque, mention des événements de Nuit, si bien que je n’ai pas été perdu.

Premier constat qui mérite d’être mentionné : au même titre si je me souviens bien que Le cercle, Bernard Minier abandonne pour ce tome le personnage de Hirtmann. Même si des événements font mention de ce personnage, exit les intrigues personnelles : bonjour au vrai, au bon Polar ! Je n’avais plus été bluffé comme cela par Benard Minier depuis la parution de Une putain d’histoire (sans omettre bien sûr Glacé avant, qui est et restera très certainement mon livre préféré de cet auteur).

Point de vue original dans ce roman, puisque plus du tiers du livre est entièrement consacré à l’affaire qui s’est déroulé en 98. On suit ainsi Servaz, jeune homme qui a perdu son père il y a quelques années (Lire Le Cercle et N’éteins pas la lumière pour plus de précision). Cette perte lui fait arrêter les études pour se lancer dans la carrière de flic. L’enquête sur les deux soeurs est ainsi la première pour lui.

Et c’est là que l’on rencontre le personnage de Erik Lang, auteur de polar adulé. Qui, très certainement le narcissisme en moins, possède de curieuse similitude avec… Bernard Minier lui-même. Interessant qu’est se transfère entre l’écrivain et son personnage lui même écrivain… Quoi qu’il en soit, on prend plaisir à lire les scène d’interrogatoire, aussi bien pour la verbe non retenue des policiers que pour les reparties que peut donner l’auteur.

Enfin, les deux tiers restants du polar sont consacrés à l’enquête de 2018 et à notre Servaz national. Je tiens d’ailleurs à souligner certains chapitres très bien écrit qui font référence à des événements survenus il y a seulement quelques semaines (je pense notamment à la neige en février). Je serais curieux de savoir si Bernard Minier a réécrit ces chapitres pour Soeurs peut de temps avant la parution…

Ce qui est toujours bon avec lui réside dans sa manière décrire, fluide, direct, et dans la façon dont il nous amène au plus proche des personnages. Par son personnage, Servaz, qui malgré bien des défauts, nous donne envie de le lire encore et encore. Dans Soeurs, l’intrigue est prenante, on se retrouve entièrement immergé dans cette enquête. On cherche avec Servaz, on veut savoir ! Et si l’on devine entre 50 à 100 pages avant la fin, ce n’est que parce que Minier la voulu !

Seul bémol : la fin de ce roman. J’ai été déçu… Encore je dirais il me semble, puisque j’avais eu la même réaction je crois avec N’éteins pas la lumière. Les 30 dernières pages nous replongent, sans vous spoiler, dans un schéma bien connu de lui. Ou le polar, l’essence même du polar, laisse place à une fin personnel quelque peu… irréaliste et prévisible ? Attendu ?

 

Conclusion :

Dans son nouveau roman Soeurs, Bernard Minier nous livre un très bon polar, plein d’intelligence. Il quitte les sentiers qu’il connaît, celui d’Hirtmann, pour laisser son personnage vivre, survivre. Il se concentre ainsi entièrement au polar, à cette ombre qui plane sur l’enquête. Si la fin m’a dessus, Soeurs n’en reste pas moins un très bon roman que je ne peux que conseiller de lire… Si vous avez déjà lu les quatre (ou trois précédent). Vous manquerez beaucoup de choses sinon.