Sans lendemain de Jake Hinkson

Temps pour lire le roman : Moins de 24h

Lieu de lecture du roman : lit, métro, canapé

Nombre de pages du roman : 224

Note : 4/5

Genre du roman : Américana / Policier

Maison d’édition : Gallmeister

Un grand merci aux éditions Gallmeister pour ce livre !

Billie Dixon, Texane ayant tenté sa chance Hollywood, est représentante pour une entreprise de cinéma. En clair, elle doit vendre des films de seconde zone au cinéma de campagne. Au cours de l’été 1947, elle va débarquer dans une ville du nom de Sock’s Settlemen. Mais pour réussir à vendre les films, elle va devoir convaincre le pasteur du coin de réautoriser ses fidèles à voir des films. Alors que le pasteur refuse, Billie est sur le point de répartir lorsqu’elle aperçoit Amberly, la très jolie femme du pasteur. Mais avec ce coup de coeur, sa vie ne sera plus jamais pareil…

 

Gros point positif du roman : l’intrigue est posé quasiment dès les premières pages, ce qui laisse largement le temps à l’auteur de déployer son histoire. On se passe ici de tout le bla-bla qui se constitue parfois les romans policier et on se lance directement au coeur du sujet. Hommage aux classique du genre, aux différents polars qui ont si souvent mis en place une intrigue autour d’un voyageur arrivant de nul part et tombant amoureux de la femme d’un timbré du coin, Sans lendemain de Jake Hinkson arrive à nous faire apprécier le roman de Billie, malgré tout ce qu’elle  a pu faire…

Car oui, on vient à s’attacher à ce personnage si simple en apparence mais tellement complexe, tellement torturé. Pour une fois aussi, nous avons le droit à une intrigue principalement centré sur le rôle des femmes, rôle d’ailleurs plus qu’important pour une époque dominé en grande partie par des hommes se prenant pour les rois du monde. Cynique, effronté, totalement indépendante, pleine d’humour, Billie est le personnage parfait du roman.

Jake Hinkson a aussi le talent de nous montrer à quel point les femmes étaient alors si mal considérée, si mise en retrait de la société Américaine. Notamment à travers le personnage de Lucy Harrington, obligé d’être chérif par procuration, laissant sa place à son frère car lui, c’est un homme. Alors que tout le monde sait que c’est elle, jeune femme douée, sûre d’elle, retorse, qui dirige le bureau.

Et c’est là pour moi que se trouve le point négatif : même si les personnages sont intéressants, je trouve qu’ils ne sont pas assez développés (Billie exceptée). J’aurais aimé en savoir plus, les connaître plus, en voir plus du pasteur et de Lucy. J’enlève de l’histoire la femme du pasteur, Amberly, qui n’est pour moi rien d’autre qu’une belle fille innocence mais sans réelle prétention.

Conclusion

Sans conteste, l’écriture de l’auteur est concise, incisive, diablement rythmée, et jamais l’on ne s’ennuie. On s’apitoie sur le sort de Billie, malgré toutes les heures qu’elle a commise. Car on se dit : qu’aurions nous fait à sa place ? Un bel exemple aussi des nombreux rêves qui se sont brisés sur la barrière si haute du “Rêve américain”, mythe encore perpétué aujourd’hui…