Pour que je sois la dernière de Nadia Murad

Temps pour lire le roman : une semaine

Lieu de lecture du roman : canapé, lit, métro, train

Nombre de pages du roman : 392

Genre du roman : Récit autobiographique

Maison d’édition : Fayard

Merci beaucoup à Fayard pour ce livre !

Critique

Le 15 octobre 2014 au matin, les forces de Daech en Irak débarque à Kocho, petit village regroupant une importante communauté yézidie. Une fois la population entièrement regroupé dans une école, les djihadistes vont méthodiquement tuer les hommes puis emmener les jeunes filles et les femmes à Mossoul. De là, elles seront vendues aux combattants en tant que servante, mais aussi et surtout comme esclave sexuelle. C’est ce qui est arrivé à l’auteur de Pour que je sois la dernière, Nadia Murad. Miraculeusement, après plusieurs semaines de captivité, et avec la complicité d’habitants sunnite, elle va réussi à fuir l’Etat Islamique.

Ce récit, que Nadia Murad nous livre à travers son livre, est difficile à imaginer pour nous, occidentaux, tant nous vivons loin de ce qui se passe. Chaque jour est quasiment le même pour nous, et nous occultons au maximum les misères des autres pays. Pourtant, en Irak, a moins de 5 000km de notre capitale, des hommes se font massacrer, des femmes se vont violer, des villages sont rasés. Surtout, des minorités sont persécutées, exterminées, au nom d’une idéologie extrémiste. Sans qu’au final, nous réagissions.

Même si, dans Pour que je sois la dernière, Nadia Murad exprime sa fureur devant le départ des peshmergas qui empêcheront les Yézédis de fuir ou encore devant la passivité de l’occident, l’auteure cherche avant tout à raconter son histoire… Pour quelle soit la dernière. On en apprend ainsi beaucoup sur les Yézidis, minorités méconnues par chez nous. On va suivre Nadia de sa tendre enfance jusqu’à octobre 2014, apprenant les coutumes, les codes de la vie yézidi, les moeurs, le travail, le mode de vie. On y voit une vie pleine de simplicité, loin de la vie des grandes villes, essayant tant bien que mal de ne pas se faire persécuter comme cela fut le cas pendant de nombreuses années. Une vie remplie d’amour, de religion, de dialogue avec les autres.

Tout cela ne fait qu’aggraver notre rage, notre désespoir lorsque l’on voit Daech venir rayer tout cela. On souffre avec Nadia Murad lorsqu’elle se fait violer, lorsqu’elle se fait frapper, lorsqu’on la laisse périr à petit feu. On se révolte de savoir que, parmi les combattant qui osent commettre des atrocités, se trouvent très certainement certains de nos concitoyens…

Mais avant tout, ce témoignage, si l’on sent le désespoir poindre à certains moments, ce veux plein d’espoir pour toutes les personnes encore sous le joug de l’Etat islamique. Pour tous ceux qui se battent encore pour la liberté des peuples.

Conclusion :

Pour que je sois la dernière est poignant, touchant, révoltant. Pourquoi ? Très certainement parce qu’il est vrai. Parce que nous savons, au fond de nous, que cela se passe comme cela pour des milliers de personne en Irak et en Syrie. Que des gens, par lâcheté ou alors aussi par nécessité de vivre, combattent au côté de l’EI. Que des jeunes sont enrôlés, manipulés, pour servir une cause horrible. Que toutes ces atrocités sont vraies. Un livre à lire pour comprendre, pour savoir, pour ne pas faire comme si nous ne savions pas. Si je devais dire une dernière chose se serait : Merci Nadia.