Paroles de flics de Jean-Marie Godard

Temps pour lire le roman : deux jours

Lieu de lecture du roman : canapé

Nombre de pages du roman : 256

Note : 4,5/5

Genre du roman : Enquête

Maison d’édition : Fayard

Merci aux éditions Fayard pour ce livre !

J’ai toujours été intrigué, voir même passionné par les métiers de la police nationale. Depuis tout petit je pense. Je sais que pour beaucoup, la police nationale se résume aux PV et aux bavures policières. Ce qui est malheureusement tellement réducteur. La police nationale, c’est avant tout des femmes, des hommes, qui essayent de faire leur travail, malgré des conditions pas toujours évidentes comme le montre Jean-Marie Godard dans Paroles de flics. Des personnes passionnées par leur métier, à la recherche de sens, mais surtout avec l’envie d’aider. L’envie d’apporter la paix, la sécurité.

Du coup, lorsque j’ai aperçu ce livre dans le line-up de janvier de Fayard, je n’ai pu résister. Toute la question lorsque l’on lit ce livre est : montre-t-il le véritable visage de la police nationale ? Oui…et non ! Oui, car il expose les joies, mais aussi les galères des hommes et des femmes de tout âge qui travail au sein de la police française.

Il parle des commissariats parfois délabrés, du matériel pas toujours à jour, mais aussi de la déprime (bien souvent tabou) qui s’empare de certains. Ce livre aborde aussi le côté je t’aime / je t’aime plus que la population française peut avoir avec la police : une fois on les adule après les attentats du 11 novembre, et deux jours après on les déteste déjà. Je trouve aussi que ce livre est un bon moyen d’alerter les pouvoirs publics sur ce qui ne va pas, la preuve dans le fait que Jean-Marie Godard a été auditionné pendant deux heures il y a deux jours par le Sénat.

Il permet aussi de mettre en avant le fait que, si bien sûr il existe des policiers qui dépassent les bornes pendant des interpellations, des manifestations, il s’agit d’une extrême minorité. Bien sûr que cela est intolérable, mais il ne faut pourtant pas généraliser. La plus part des hommes et des femmes de la police servent dans l’intérêt général et sont bons.

Mais ce livre ne montre pas totalement le visage de la police nationale. Pourquoi ? Tout simplement car on ne peut y lire aucun témoignage de la hiérarchie, à savoir les officiers, les commissaires. On y lit que des témoignages de gardien de la paix. Bien sûr, ils sont la composante principale de notre police. Mais tout de même, je trouve que cela fait un peu tache.

J’ai eu la chance, il y a presque une semaine, de m’entretenir avec une commissaire de police de la banlieue proche de Paris. Elle m’a ainsi livré ce qui pour elle est vraie dans ce roman (commissariat pas toujours aux normes, l’équipement, la dureté du terrain, …) mais aussi ce qui n’est pas exacte. Elle m’a ainsi dit que, les heures de nuit payé 96 centimes de l’heure, même quand elle était officier pendant 10 ans de 2002 à 2012, elle n’avait jamais vu cela. Que oui, bien sûr, les flics sont à bout de souffle. Mais que ils ont aussi des congés si il travaille plus, des vacances.

Conclusion

Bien sûr, dans des livres comme celui-ci, il y a du vraie, il y a du faux. Il y a des choses minimisées, des choses amplifiées. Même si je trouve dommage que la parole n’a pas été donné à des personnes de “la hiérarchie”, ce livre n’en reste pas moins très bien écrit, sans concession. Il permet surtout de mettre quelque chose en lumière : même si leur quotidien n’est pas toujours facile depuis quelques années, les femmes et hommes de la police seront toujours là pour aider, servir et protéger. Deux choses à leur dire : courage et continuez comme cela.

Ma précédente chronique : Comment Baptiste est mort – Alain Blottière

Quentin