Mon année de repos et de détente d’Ottessa Moshfegh

Traduit de l’anglais par Clément Baude

WARNING : à ne pas mettre entre toutes les mains, présence de sujets sur la mort, le suicide, le sexe.

L’héroïne est orpheline et vient de terminer ses études. Elle ne sait pas où elle va et pour elle rien n’a de sens, elle décide donc d’entrer en phase d’hibernation avec pour objectif de dormir le plus possible pendant une année entière

Temps pour lire le roman : deux jours

Lieu de lecture du roman : canapé, lit, métro

Nombre de pages : 300 pages

Genre : Existentialiste

Maison d’édition : Fayard collection littérature étrangère

Merci aux éditions Fayard de m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire 2019 !

Critique

Notre jeune héroïne a tout pour réussir, elle a terminé ses études, habite dans les quartiers chics de New York et possède un compte en banque assez fourni pour qu’elle n’ait jamais à travailler. Cependant elle est orpheline et récemment séparée de son ‘copain’ Trevor et elle ne trouve simplement aucun sens à continuer dans cette vie. Malgré l’aide et le soutien de son amie Reva, l’héroïne se mure lentement mais sûrement dans le sommeil, alternant avec des phases de veille où elle ne fait que regarder la télévision. Elle trouve une gentille quoique délurée psy et prétend qu’elle est insomniaque, la psy lui prescrit donc des médicaments pour dormir toujours plus puissants.

Ce roman a un ton totalement décalé. Nous avons accès aux pensées de l’héroïne qui sont parfois banales ou très macabres, parfois pornographiques et souvent philosophiques. Dormir est son objectif principal jusqu’au moment où elle se rend compte qu’elle a des trous de mémoire de ce qu’elle fait pendant qu’elle dort. Certains médicaments sont tellement forts qu’ils la font rentrer dans un état de somnambulisme avancé.

L’auteure traite de tous les sujets : le sexe, la mort, la maladie, les enterrements, les émissions télé, les médicaments, le deuil, la solitude, la compassion. On prend la place de l’héroïne qui est totalement perdue entre la vie et la mort, le jour et la nuit. On n’a pas peur pour elle, on ne ressent ni honte ni compassion, on suit juste son cheminement accompagné ou non de progrès.

Conclusion

Ma lecture de Mon année de repos et de détente  est somme toute vraiment décalée, tant dans le ton que dans la façon dont les sujets sont abordés. J’avais l’impression d’être aussi sous médicaments en lisant et j’avais du mal à m’arrêter. J’ai beaucoup aimé même si ce n’est pas mon genre de lecture habituel. Je me rappellerai de cette lecture et du calme bouillant qu’elle m’a fait ressentir.

Trash, barré et ironique, à découvrir à la rentrée littéraire.

Ma précédente chronique : Changez l’eau des fleurs – Valérie Perrin

Camille