Mémoire de fille de Annie Ernaux

Temps pour lire le roman : deux jours

Lieu de lecture du roman : métro, bus, canapé

Nombre de pages du roman : 165 pages

Note : 5/5

Genre du roman : Autobiographie objective ( ?)

Maison d’édition : Folio

Un grand merci à Folio pour ce livre !

Critique

Je n’avais encore jamais lu la plume d’Annie Ernaux et c’était l’occasion de me lancer. Premièrement j’avais quelques a priori, je pensais que la lecture allait être un peu plus ardue mais finalement il n’en n’était rien, le style est accessible.

L’auteure retrace la fin de son adolescence et cherche à comprendre le moment de basculement dans l’âge adulte. Pour cela, elle se remémore plusieurs souvenirs à commencer par la colonie de vacances qu’elle a animée en 1958. Cet été-là elle a découvert un autre monde que celui de la petite épicerie de ses parents, elle a découvert les femmes, les hommes mais aussi les échanges et les codes sociaux. Elle a découvert une autre façon de parler, de penser, de rire mais aussi de faire. On sent que l’auteure avait besoin d’accoucher toutes ces vérités sur papier, vérités qui la hantent depuis qu’elle a commencé à écrire.
Annie Ernaux revient aussi sur le début de ses études notamment au lycée puis sa formation à l’Ecole Normale des Institutrices. Il y a également un court passage sur son année en tant que jeune fille au pair en Angleterre.
Tous ces souvenirs mêlés offrent une fresque épatante d’objectivité. L’auteure dresse son propre portrait sans fioritures, elle s’interroge sur les effets de la mémoire sur ce qui a été et comment retranscrire vraiment ce qui a été et pas un fantasme de ce qu’il s’est passé. Elle établit donc un rapport entre l’auteure et l’écriture omniprésent dans le genre de l’autobiographie : faut-il être objectif ? Si oui comment être objectif en se racontant soi-même ? Annie Ernaux propose donc une réponse avec ce livre en traitant la jeune fille qu’elle a été comme un personnage de fiction.

Conclusion

J’ai clairement adoré le style de l’auteure, j’étais tenue en haleine comme dans un roman d’aventures alors qu’il ne se passe pas grand-chose et que ce sont uniquement des retours sur la jeune fille qu’elle a été. Il y a également de nombreuses références littéraires que j’ai apprécié.

J’ai dès lors acheté d’autres livres d’Annie Ernaux et je compte bien sortir de ma PAL ‘’Les années’’ que j’avais acheté l’année dernière.