Ma reine de Jean-Baptiste Andrea

Shell s’enfuit de chez lui, une station-service que ses parents tiennent, pendant l’été 1965. Il se réfugie en hauteur, sur le plateau de la vallée de l’Asse. Il va alors rencontrer une jeune fille qui va l’envoûter : il s’agit de Viviane. Ensemble, par le jeu, en parti grâce à l’amour, il va faire ce qu’elle lui demande. Sans jamais se poser la question d’où cela peut bien l’emmener….

Temps pour lire le roman : une journée

Lieu de lecture du roman : métro, RER, bus, canapé

Nombre de pages : 224 pages

Genre :  Littérature française

Maison d’édition : Folio

Merci à Folio pour ce livre !

Critique

Alors que je prenais la ligne 2 du métro parisien, pour me rendre à mes cours, j’ai décidé d’ouvrir le nouveau livre que je venais de recevoir de la part des éditions Folio. Me plongeant au coeur de l’écriture de Jean-Baptiste Andrea, j’ai failli louper mon arrêt de métro et par la même occasion, me mettre en retard. C’est le soir même, en reprenant le même métro, dans la même direction, mais cette fois-ci pour aller boire un coup avec des amis, que je terminais ce roman. En versant quelques larmes.

Comment décrire Ma reine sans passer des heures à vous dire ce que j’en ai pensé ? Comment surtout restituer fidèlement l’ensemble des émotions qui m’ont traversé pendant ma lecture ? Même si je pense que cela me sera difficile, je vais tenter de le faire en quelques lignes.

Nous suivons les aventures du jeune Shell. Contrairement à beaucoup de garçons de son âge, il n’est plus scolarisé. En effet, Shell n’a malheureusement pas les mêmes capacités que les enfants de son âge. A 12 ans, son cerveau n’a grandi que jusqu’à ses 8 ans. Pas de soucis pour lui : il aime aider ses parents à s’occuper de la station-service familiale, remplir le réservoir des clients …

Seulement, il fait des bêtises. Et ses parents ne peuvent plus s’occuper de lui. Alors qu’il entend une discussion entre ses parents et sa grande-soeur, sa décision est prise : quitter son chez lui et partir loin, derrière les montagnes, pour aller faire la guerre et ramener des dizaines de médailles.

Après quelques heures de marche, il s’arrête, épuisé, sans nourriture, sur un plateau à plusieurs kilomètres de chez lui. Il va y faire la rencontre de Vivianne, une jeune fille de son âge. Son premier amour de jeunesse. Avec elle, il va jouer, il va parcourir la forêt, la montagne. Il va surtout apprendre le manque, le vide, ainsi que l’amour.

Je vous passe le reste de l’histoire, je vous invite à lire le roman pour en faire la découverte. Mais au travers des yeux de Shell, on découvre ce qu’il l’entoure, ce qu’il voit, ce qu’il ressent… Mais avec la capacité d’analyse d’un enfant de 8 ans. Ainsi, à nous de décrypter, de comprendre au travers de ses mots ce que lui ne peut parfois comprendre. Pour son propre bien, peut-être ?

L’écriture est fluide, rapide et en même temps tellement belle… On aimerait parfois pouvoir revenir sur certains passages, prendre le temps d’apprécier véritablement l’écriture ! Ce qui est malheureusement impossible, tant l’histoire ne nous lâche pas et nous captive, nous entrainant de page en page…

Conclusion

Ma reine de Jean-Baptiste Andrea est l’un de mes premiers coups de coeur de ce début d’année ! Envoûtant, drôle, triste et surprenant à la fois, on se laisse porter par ce livre comme Shell se laisse entrainer par Vivianne. La chute est aussi dure pour nous que pour le personnage. On ressort bouleversé de ce récit mais également émerveillé par ce regard d’enfant que nous avons jeté, à travers les yeux du narrateur, sur ce récit. Récit qui nous rappelle qu’une partie de ce monde devient cruel lorsque l’on perd justement ce regard…

Ma précédente chronique : Ces rêves qu’on piétine – Sébastien Spitzer

Quentin