L’ordre du jour de Eric Vuillard

Temps pour lire le roman : Une journée

Lieu de lecture du roman : Canapé, lit, métro

Nombre de pages du roman : 160

Note : 3,5/5

Genre du livre : Récit

Maison d’édition : Actes Sud

Merci à Actes Sud pour ce joli cadeau de Noël et à Eric Vuillard pour la dédicace !

Dans L’ordre du jour, Eric Vuillard nous narre une suite d’anecdotes qui ont précédés l’Anschluss. Du financement du parti Nazi par des grande entreprises, à l’invasion catastrophes de l’Autriche en passant par le chancelier Autrichien qui se rend en Allemagne pour négocier avec Hitler, l’auteur veut montrer au lecteur les petits moments qui font l’histoire.

On ne peut enlever au lauréat du Goncourt 2018 une écriture belle, soignée, des explications relativement limpides. Mais l’écriture ne serait-elle pas trop soignée, pas assez incisive ? C’est légèrement mon avis. On sent cependant une réelle documentation sur des faits qui sont, au final, très peu connu du grand public, dont la connaissance s’arrête à l’ascension au pouvoir d’Hitler et au début de la guerre.

Cependant, l’Histoire reste… et bien je dirais l’Histoire. Il est ainsi difficile de rajouter divers éléments pour compléter ce récit qui pourra ainsi paraître fade à certains. Il permet cependant de relater avec précisions les lâchetés des différents acteurs, ainsi que les coups de bluff qui ont notamment permis à Hitler de prendre l’Autriche… Alors que son armée reste coincée sans pouvoir avancer !

Ce qui m’a réellement dérangé dans ce roman, c’est le parti pris de l’auteur. Bien sûr que les grands industriels ont fait des choses mauvaises en finançant le parti Nazi, en embauchant des gens dans des camps de travail. Bien sûr que l’Autriche a plié sans rien dire devant l’Allemagne. Mais qui est Eric Vuillard pour être si donneur de leçon, si moralisateur dans son récit ? Est-ce que la simple énonciation des faits ne rend pas déjà hautement coupable ceux désignés ? Faut-il vraiment en rajouter en donnant l’impression de dire ce qu’il convient de faire ou non ? Car Vuillard n’est après tout qu’un enfant des années 60, qui n’a jamais connu la guerre…

 

Conclusion :

 

Qu’est ce qui justifie, selon moi, une note si “basse” à ce livre qui, pourtant, a remporté le Goncourt ? Le prix en lui même tout d’abord. Lorsque j’ai commencé ma lecture, je me suis attendu à quelque choses de superbe, de magique; à une lecture qui arriver ait à m’emporter à l’époque de la WWII, qui me ferait ressentir des émotions diverses et variées. Eh bien… ce n’est pas totalement le cas. Le problème, et je pense ne pas être le seul, c’est que nous attendons beaucoup trop de L’ordre du jour de Eric Vuillard. C’est un bon livre, certes, mais est-il vraiment à la hauteur d’un Goncourt ? Je ne répondrais pas à cette question, car après tout, qui suis-je pour juger ? Ce récit reste pour moi un bon moment passé autour d’un livre, vite lu, mais aussi vite oublié.