L’homme qui pleure de rire de Frédéric Beigbeder

Dernier tome de la saga de 99 Francs, Octave Parango vit ses derniers moments dans les médias au terme d’une longue et tardive promenade parisienne.

Temps pour lire le roman : quatre jours

Lieu de lecture : canapé, bus

Nombre de pages : 316 pages

Genre : roman

Maison d’édition : Grasset

Merci aux éditions Grasset pour l’envoi de ce roman !

Dans ce roman, Octave Parango est encore une fois le double de Beigbeder. Dès les premières pages, on revit par écrit la dernière chronique de Beigbeder sur France Inter. L’auteur s’amuse à décrire autour de lui les personnes qui étaient présentes, parfois avec des pseudonymes. La suite du livre est un compte à rebours de la nuit précédente. Octave parcourt Paris au moment où les gilets jaunes (ou les cardigans fluorescents) envahissent les Champs-Elysées, taguent l’Arc de Triomphe et mettent le Fouquet’s en feu. Ainsi pour Octave cette révolution marque la fin d’une période. Tous ses amis sont mariés et pères de famille tandis que lui continue à vouloir vivre la nuit, d’alcool, de sexe et de drogue. Il se perd dans différents cabarets et boites de nuit, cherchant toujours plus de frisson là où il n’y a plus rien à trouver.

Le monde selon Beigbeder

Parango/Beigbeder est pourtant lucide sur son sort et sur ce qu’il se passe. Dans ce roman tout y passe de la climatologie paniquée, Houellebecq, les gilets jaunes, la légalisation du cannabis, l’écriture, le service public, le mouvement #metoo, les médias etc. Tous les sujets sont abordés souvent sous l’angle alarmiste voire désabusé : tout se perd, tout part en fumée en même temps que le Fouquet’s.

L’auteur nous offre donc une critique désabusée voire défaitiste comme s’il n’y avait plus rien à faire, même l’humour ou la littérature ne parviennent pas à rattraper le coup. Entre cynisme et vérités, conclusions personneles et grand débat, Beigbeder donne sa vision du monde actuel. Certains moments sont très alambiqués et ont peu de sens tandis que certaines phrases jetées à la volée sont très belles et véhiculent un vrai message.

Une grande part est également accordée à l’importance des réseaux sociaux. On le voit déjà avec ce titre qui n’est qu’un smiley mort de rire. Parango parle par SMS, Beigbeder imagine une page disséminée d’émojis.

Au final…

Beigbeder encore une fois signe, avec L’homme qui pleure de rire, une œuvre disruptive, emplie de vécu mais aussi théâtre de ses propres pensées sur le monde actuel. Il témoigne d’une époque en étant le pur produit.

A ne pas mettre entre toutes les mains, car ce roman n’est pas accessible sans connaître l’auteur.

N’hésitez pas également à découvrir ma chronique sur le précédent roman de Beigbeder : Une vie sans fin – Frédérick Beigbeder

Camille