Le polar de l’été de Luc Chomarat

C’est un écrivain de polars. Il n’est ni inconnu, ni trop célèbre, ses tirages n’atteignant pas ceux de Douglas Kennedy. Il part en vacances en Corse avec sa famille et un couple d’amis, discute de lecture, d’habitues. Alors qu’il est à la recherche de son nouveau roman, une vision vient à lui. Il va plagier un des livres de son enfance Pas de vacances pour les durs de Paul Terreneuve, qui trône normalement dans l’ancienne bibliothèque de son père aujourd’hui décédé.

Si il a pu représenté rapidement un idéal dans son enfance, il est bien décidé à le moderniser pour en faire un carton ! Sauf qu’il est impossible de lui remettre la main dessus. Chez lui comme sur internet, même dans les archives de la BNF. Il va alors devoir affronter sa mère, son frère, des voisins, des connaissances, enquêter sur son enfance et sur l’histoire familiale, l’amenant à se confronter à tout ce qu’il a cherché à éviter.

Temps de lecture du roman : trois jours

Lieu de lecture du roman : Lit, métro, canapé

Nombre de pages : 216 pages

Maison d’édition : Editions Points

Genre : roman

Un grand merci aux Editions Points pour ce livre !

Critique

On retrouve, dans Le polar de l’été de Luc Chomarat, en tout cas dans la première partie, l’esprit d’un de ses précédents livres Un trou dans la toile publié aux Editions Rivages. Exercice d’ailleurs au combien ironique dans ce nouveau roman que la rédaction d’un polar de l’été, puisqu’il est difficilement possible de faire moins polar que ce livre. Ici, l’auteur nous livre son regard narquois, voir même désabusé sur l’exercice, et relativement lucide sur ce qu’est devenu aujourd’hui le monde de l’édition. On sent un personnage en total décalage avec le monde qui l’entoure mais aussi avec les personnages de sa famille.

Dans la seconde partie du roman, l’auteur dresse plutôt un état des lieux doux mais en même temps contrasté du temps qui passe, des années qui filent, des événements qui partent. On y retrouve aussi bien l’amour filial, que l’amour entre frère et soeur, les liens dans le couple, la vision biaisée de l’enfant ou encore la façon de donner un sens à sa vie. Tout cela dans un pelle-mêle de phrase qui, si elles sont belles, intéressantes, et bien écrite, perdent parfois le lecteur.

Conclusion

La marque de Luc Chomarat est d’amener le lecteur vers des horizons inconnus, non-attendu. En cela, l’auteur rempli parfaitement sa mission. Même si j’ai beaucoup moins été emporté par Le polar de l’été. Le sujet ? Peut-être. Je pense que cela est surtout dans une critique, si elle est justifiée, parfois légèrement injuste et trop cynique, contrairement à la réelle réflexion autour de Un trou dans la toile. Cependant, le roman garde la plus part du temps un très bon équilibre.