Le journal de Myriam de Myriam Rawick

Temps pour lire le roman : Quelques jours

Lieu de lecture du roman : Canapé, métro

Nombre de pages du roman : 250 pages

Coup de cœur, déception ? Coup de coeur

Note : 5/5

Genre du roman : Journal Intime

Nous tenons à remercier les éditions Fayard pour nous avoir fait parvenir ce livre.

Je viens aujourd’hui vous parler d’un livre qui me tient à coeur. En effet, il parle de la guerre en Syrie et du quotidien des familles. Mais différemment de ce que l’on peut lire aujourd’hui.

Myriam a 13 ans. Comme beaucoup de jeunes filles, elle tient un journal intime où elle parle de ses journées, de ses amis, de sa famille. Mais pourtant, elle n’est pas tout à fait comme les autres… Elle n’est pas tout à fait comme les autres car elle habite Alep-ouest, une zone où règne le chaos. Son témoignage a été recueilli par le reporter Philippe Lobjois, spécialiste des territoires en guerre. Le reporter a enrichi les cinquante pages du cahier en interrogeant la jeune Syrienne sur les évènements importants qu’elle a vécu, mais aussi sur son quotidien.

Myriam parle du début de la guerre en des termes d’une simplicité déconcertante, mais qui pourtant résume cruellement cette vision dualiste du conflit Syrien : d’un côté les bons, et de l’autre les méchants. Conflit qui aujourd’hui a déjà fait plus de 410 000 morts. Un regard en soit nouveau. Il est vrai que l’on donne rarement aux personnes qui soutiennent Bachar Al-Assad. Même si je n’ai pas totalement changé d’avis sur le sujet, ce livre m’a fait réfléchir. Après tout, nous voyons ce conflit avec notre regard d’occidentaux. Mais on ne s’intéresse que rarement à tout ceux qui sont encore là-bas.

Ce qui est surprenant c’est que la jeune fille sans jamais parler de guerre, en fait référence : l’enlèvement de son oncle par les terroristes, les noms des armes, des avions de guerre, des bombes. Le danger permanent lorsqu’elle essaye de se rendre à l’école, ou tout simplement lorsqu’elle traverse la rue. On suit à travers ce journal les moments de bonheur, de tristesse, les moments difficiles. On apprend à connaître cette famille qui subit la guerre, elle qui n’avait rien demandé. Elle va devoir fuir sa maison, “tout laisser derrière soi” pour espérer survivre. Et on en vient à espérer deux choses : que tout se passe bien pour elle, et que l’on ne connaisse jamais l’enfer qu’elle entrevoit chaque jour.

J’avoue qu’il est parfois difficile de ne pas pleurer pour cette petite fille qui grandit bien trop vite. Pour elle qui, malgré son jeune âge, en connaît certainement plus quel des jeunes de 20 ans. Parfois je me suis senti révolté par nous, les occidentaux, qui vivons tranquillement notre vie pendant que des centaines, des milliers de personnes se font tuer à plusieurs centaines de kilomètres de chez nous…. Mais n’avons nous pas toujours fait cela ?

Conclusion

Le journal de Myriam a été pour moi un vrai coup de coeur. Si je me garde bien de donner un avis sur les propos que peut tenir Myriam vis à vis du régime et de l’opposition, je dois bien dire que cela m’a fait réagir. Mais ne vous y méprenez pas. Que vous soyez pour un camp ou pour un autre, ce livre vous touchera autant que moi. Comment ne pas l’être ? Comment ignorer ce que vit une jeune fille, ce qu’elle voit alors qu’elle ne devrait connaître rien de tout cela ?

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