Le journal de ma disparition de Camilla Grebe (traduit par Anna Postel)

La jeune Malin découvre une jeune fille enterrée dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. La victime n’a cependant jamais pu être identifiée. Huit ans après, devenue une policière avec de l’ambition, Malin se retrouve à enquêter avec Hanne et Peter Lindgren sur ce Cold-case réouvert il y a peu.

Cependant, Peter va disparaît quelques jours plus tard et Hanne est retrouvée blessée errant dans la forêt. Seul témoin : un jeune adolescent qui aime se balader seul le soir. Après avoir aider Hanne, il récupère son journal et se met à le lire, rapidement fasciné par le récit de la vie de la profileuse. Malin va devoir alors, aidez par deux de ses collègues, trouver la solution à ce mystère et retrouver Peter…

Temps pour lire le roman : trois jours

Lieu de lecture du roman : lit, canapé, TGV, métro

Nombre de pages : 432 pages

Genre : Polar

Merci à Calmann Levy pour l’envoi !

Critique

Après ma lecture de Un cri sous la glacej’ai eu l’occasion de lire grâce à Calmann Levy le second roman de Camilla Grebe : Le journal de ma disparition avec Peter et Hanne.

Dans ce livre, l’auteure prend un risque énorme : celui de changer, après seulement un seul roman, la quasi totalité des personnages qu’elle avait pu mettre en scène. Sans pour autant changer le contexte de l’histoire. Car oui, comment réussir le changement alors que nous étions déjà attachés à Peter et à Hanne ? Et bien tout simplement en créant un personnage tel que Malin.

Malin n’est pas un personnage plat, ou même foncièrement gentil, altruiste comme on peut le voir dans certains romans. Non, Malin a des qualités, mais aussi des défauts, des secrets, des rancoeurs, des préjugés. Car elle vient elle même de ce petit village qui a subit de plein fouet la crise. Elle ne laisse personne indifférent en tout cas et si, dans un premier temps, on peut ne pas l’aimer, on en vient vite à s’attacher à elle.

Autre personnage important : Jake. Ce jeune adolescent de 15 ans a une particularité : il aime s’habiller et se maquiller pour ressembler à une femme. Comportement de toujours ? Traumatisme de la mort de sa mère et d’un père alcoolique ? Camilla Grebe ne cherche pas à donner de raison à son comportement et heureusement. On apprend à connaître Jake, on s’attache à ce personnage réservé, tendre, qui va chercher à percer le mystère de Hanne, à la comprendre.

Dans Le journal de ma disparition, le thème de l’immigration (d’abord de l’Europe de l’Est puis aujourd’hui des pays du Moyen-Orient et d’Afrique) est abordé. Fait rarissime dans un polar suédois (contrairement au homologue français) qu’il est important de souligner. L’auteure cherche à travers son livre, non pas à exprimer un racisme latent, mais plutôt à montrer sans donner de réel avis les arguments des camps anti-immigration et pro-immigration. L’ambivalence de la situation, mais aussi l’importance de se mettre à la place de ces gens qui ont du fuir, qui ont tout perdu, et qui cherche à se reconstruire. Que ferions-nous si nous étions à leur place ? Tel est la question en fil rouge tout le long de l’histoire.

Une histoire qui pourrait apparaître comme classique, mais qui se révèle bien plus complexe que ce que l’on pense. Une construction magnifiquement orchestrée par une auteure qui prend de l’assurance à chacun de ses romans écrit en solo. Une plume vive, habille, qui alterne avec brio les points de vue à chaque chapitre. Je conseille, pour une meilleure compréhension de l’histoire, de lire avant Un cri sous la glace. Même si ce n’est pas obligatoire

Conclusion

Le journal de ma disparition de Camilla Grebe est un très bon deuxième meilleur roman, bien meilleur encore que Un cri sous la glace. Pourquoi ? Car l’histoire est mieux construite, plus complexe, qu’il y a une prise de risque avec les personnages. Et qu’on retrouve encore une fois cette magnifique ambiance suédoise. Et le style absolument inimitable de Camilla Grebe. Chapeau à elle et j’ai hâte voir si une suite sera écrite !