Fugitive parce que reine de Violaine Huisman

A la découverte d’une mère vue par sa fille. Les anciennes et nouvelles blessures sont réouvertes et elles sont à vif…

Temps pour lire le roman : quatre jours

Lieu de lecture du roman : dans le bus, canapé

Nombre de pages : environ 250 pages

Genre : récit de vie, témoignage

Maison d’édition : Folio

Merci aux éditions Folio pour l’envoi de ce roman !

Critique

J’avais déjà beaucoup vu passer Fugitive parce que reine et de très bons avis dessus à la rentrée littéraire. J’avais été curieuse de ce premier roman, d’une autrice inconnue mais qui avait fait mouche chez de nombreux lecteurs. J’avais donc de grands espoirs pour ce roman et je n’ai pas été déçue !

La narratrice nous raconte sa mère en plusieurs étapes. Dans un style très tenu entre discours indirect libre, dialogue direct et pensées voire jugements, elle peint un portrait complet de celle qui l’a élevée. Cette mère qui peut être aussi adorable, douce, permissive que furieuse, violente et injurieuse. Cette mère qui leur donne tout son amour à elle et sa soeur mais ne peut s’empêcher de les faire souffrir à s’en rendre malade.

Les mots et les phrases sont percutants. En tant que lecteur, on passe par différentes émotions au gré des pages : le choc devant certains propos, la tristesse, la colère mais aussi le dégoût devant l’ampleur du phénomène. Pourtant les pages s’enfilent rapidement. Dans la deuxième partie du roman, le point de vue change totalement, l’histoire n’est plus racontée par la fille mais on contraire on aborde objectivement l’histoire de cette femme qui est devenue autre avec les épreuves du temps. On découvre une jeune fille abandonnée par sa propre mère, qui a du tout quitter plusieurs fois pour reconstruire et se reconstruire, qui n’est pas tombée sur les bonnes personnes et a fait des erreurs de timing et de fréquentations. Même si ce passif ne justifie pas entièrement le comportement présent, on comprend mieux…

Conclusion

Fugitive parce que reine est un roman vraiment fort où il faut s’accrocher pour pouvoir prendre plaisir en lisant tout en ressentant une foule d’émotions contraires. J’ai beaucoup pensé à l’histoire de la romancière Delphine de Vigan pendant ma lecture qui livre aussi le récit de l’histoire de sa mère dans son roman Rien ne s’oppose à la nuit.

Je ne peux que vous recommander ce roman, à lire en étant averti mais à dévorer quand même.

Ma précédente chronique : Dis quand reviendras-tu ? – Madeleine de Place 

Camille