Est-ce ainsi que les hommes jugent ? de Mathieu Menegaux

Gustavo est un homme heureux. Une maison en région parisienne, un boulot de directeur financier qu’il aime, une femme adorable et deux enfants parfaits. Alors qu’il doit présenter un plan d’acquisition devant la direction international de sa société, la police fait irruption à son domicile à l’aube. Pour quel motif ? Il est suspecté d’avoir tenté d’enlever une jeune fille et, faute d’avoir réussi, d’avoir écrasé son père lors de sa fuite. Il est alors placé sans attente en garde à vue et va subir les pires heures et semaines de sa vie. La particularité ? Il est innocent. Sa compagne, Sophie, va alors tout faire pour retrouver ce qu’il a fait le jour où l’incident a eu lieu et ainsi pouvoir innocenter son mari. Mais comment réussir à prouver l’innocence d’un homme dans un monde gouverné aujourd’hui par les réseaux sociaux et la notion d’immédiateté de l’information ?

Temps pour lire le roman : Moins de 24h

Lieu de lecture : sur le canapé

Nombre de pages du roman : 234 pages

Genre : Roman

Merci à Grasset pour ce livre !

Critique

Après la magnifique découverte que fut Je me suis tue, premier roman de Mathieu Menegaux, et son second Un fils parfait (suite à cette lecture, j’ai notamment eu l’occasion de rencontrer l’auteur grâce aux Editions Points. Un superbe moment qui m’a permis de mieux comprendre ce personnage), je me suis jeté quelques heures après sa réception dans la lecture de Est-ce ainsi que les hommes jugentCar oui, impossible pour moi de résister à l’appel de l’écriture de Mathieu Menegaux, malgré la montagne de livres que j’ai en attente.

Encore une fois, sans aucun doute, je ne fus pas déçu. Mieux que cela, j’ai été agréablement surpris lors de ma lecture de ce troisième roman. Si Je me suis tue reste sans conteste pour moi le meilleur (aussi bien dans l’écriture que dans l’histoire), ce livre marque une bouffé d’air, un retournement dans le style de l’auteur. Si lors des deux précédents romans nous avons pu suivre le livre du point de vue d’une femme, ce n’est pas le cas ici. Explication !

Il n’y a pas un point de vue mais plusieurs. Si le principal reste celui de Gustavo, directeur financier d’une multinational (et donc un changement par rapport au point de vue féminin habituel), on suit pendant toute la durée du roman le point de vue de la quasi totalité des personnages de l’histoire, à part plus ou moins égale. Verdict ? Epoustouflant. Cela change totalement de ce que l’on a pu expérimenté avec Menegaux, mais cela s’intègre parfaitement à l’histoire de Est-ce ainsi que les hommes jugentOn découvre ainsi une nouvelle facette littéraire de l’auteur, et on se prend d’affection pour la grande partie des personnages.

Car là réside une grande force de Menegaux : réussir à nous faire aimer les personnages en moins de 220 pages. Un pari à chaque fois réussi. Ils sont travaillés, ils sont attachants, ils ont plusieurs facettes. Ce pourrait tout à fait être des personnages authentiques, véritables, que l’on ne verrait absolument pas la différence.

Quand à l’histoire.. Chapeau bas. Très beau sujet, totalement d’actualité. Tout d’abord, petit clin d’oeil à l’auteur qui a écrit un livre sur un thème qui colle à ce que j’ai bossé pour le CELSA (les fakes news et l’importance des réseaux sociaux et de l’instantanéité dans les médias). Enfin, Menegaux arrive encore une fois à traquer au maximum la moindre faille humaine, à repousser les personnages dans leur retranchement, à donner le meilleur d’eux même.

On en vient ainsi presque à douter de son innocence, de la véracité des propos. On attend de plus en plus impatiemment la fin, le dénouement, l’exposition final. On veut savoir, on veut comprendre, on veut connaître l’auteur des crimes, savoir si Gustavo et coupable ou non…

Conclusion

Si Est-ce ainsi que les hommes jugent ? de Mathieu Menegaux n’est peut être pas aussi traumatisant que Je me suis tue, il en est beaucoup plus important. Car l’on se met facilement à la place de Gustavo, car l’on connaît tout ce que l’auteur décrit : les réseaux sociaux, les médias, le besoin, d’instantanéité, le déficit de confiance envers la justice, les institutions, … On s’identifie assez rapidement. Et cela fait peur. Très peur. Que dire d’autre à part vous conseiller de lire la suite ? Ah si, une chose : Mathieu Menegaux, rendez-vous pour la sortie de votre prochain roman. Je serais là avec plaisir…

Quentin