Disparaîre. Le titre de ce livre ne serait-t-il pas qu’un écho de ce que j’ai fait depuis maintenant de long mois lorsque l’on évoque ce blog ou encore notre compte Instagram Les Chamoureux ? Je souhaite tout d’abord présenter mes plates excuses à Mathieu Menegaux ainsi qu’aux Editions Grasset pour ne sortir cette chronique que maintenant.

Elle attendait au chaud, presque terminée. Mais je n’ai jamais eu le courage de la finir, pris dans une spirale infernale qui m’a tenu éloigné pendant de long mois aussi bien de l’édition que du blog. Chose que je vais essayer de réparer dans les jours et mois à venir.

Je remercie donc grandement Mathieu Menegaux et les Editions Grasset pour ce livre !

L’histoire

Une jeune femme tombe sur la chaussée, après une chute mortelle depuis son appartement situé au sixième étage d’un appartement parisien. Meurtre ? Accident ? Ou bien encore suicide ? La police va très vite conclure à la dernière option et ne pas mener d’enquête.

Nice, quelques temps plus tard. Un cadavre d’homme noyé est retrouvé sur une plage. Crâne rasé, épilé, impossibilité de lire les empreintes digitales. Casse-tête pour la police locale qui ne peut pas identifier cet homme.

En parallèle de cette histoire, nous faisons la connaissance de deux protagonistes. Tout d’abord Esther, travailleuse acharnée qui décroche une place dans une banque prestigieuse. Puis le directeur Etienne, le président de cette banque internationale qui ne cherche que des recrues prêtes à se sacrifier pour la banque. Il saute de réunions en réunions sans jamais penser à autre chose. Quel lien peut-il unir ces deux personnes, et surtout quel lien ont-ils avec les deux personnes retrouvées mortes ?

Une critique du monde du travail

Après avoir traité du viol et de la honte dans son premier roman, de la pédophilie intrafamiliale et de la difficulté de se faire entendre lorsque l’on est une femme face à un mari puissant dans le second, puis dans son troisième roman d’avoir remis en cause ce que l’on peut aujourd’hui appelé Le Tribunal du Net (et des Réseaux Sociaux), Mathieu Menegaux s’attaque, en toile de fond de ce second roman, a un gros morceau : le monde du travail qui peut parfois se révéler sans pitié et mener des dizaines d’individus jusqu’au burn-out, voir même encore plus loin…

Dans ce quatrième roman, l’auteur dépeint avec précision les conditions de travail de certaines entreprises. Mais aussi le harcèlement constant (et malheureux à notre époque) des femmes, la culpabilité alors que peuvent ressentir les victimes de se sentir indigne d’occuper un tel poste, mais aussi le burn-out.

Il montre aussi comment un seul petit grain de sable dans une entreprise bien huilé peut faire s’effondrer tout le château de carte et mener, de fil en aiguille, à une véritable tragédie. Sans vous spoiler, je vous invite après la lecture de ce roman à consulter ce qui est arrivé à l’ancien Directeur Général de Mcdonald Monde après une découverte de la part de ses employeurs.

Disparaitre sans laisser de trace

Depuis longtemps l’apanage des romans policiers, Mathieu Menegaux nous montre dans son nouveau thriller comment il est encore aujourd’hui possible de disparaitre sans laisser de trace : limer ses empreintes digitales, s’épilé et se raser pour ne pas que l’on retrouve de poil… Et surtout comment la police va très vite ne pas chercher plus loin. Inutile de  dépenser des fonds pour un mort qui s’est suicidé.

L’auteur amène également une autre question avec la disparition de cette homme. Qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un à disparaître ? Nous avons facilement tendance à nous dire un homme sans famille. Pourtant, cela est bien plus complexe. Honte de lui-même, honte que les autres découvrent ce qu’il a pu faire.

Un thriller qui empreinte les codes du polar 

Mathieu Menegaux, avec Disparaître, nous montre encore une fois tout son potentiel et tout son talent d’écriture. Il arrive à nouveau à embarquer le lecteur dans une aventure, mêlant les codes du polar et du thriller. Et en à peine plus de 200 pages à nous dépeindre des personnages attachants et complexes, ainsi qu’une histoire qui tient totalement la route.

Comme à son habitude, il traite de thèmes difficiles, auxquels nous pouvons tous être confrontés un jour ou l’autre. Un roman tout en finesse que je ne peux que vous conseiller. Surtout en cette période ou la lecture est l’un de nos meilleurs compagnons.

Si vous êtes intéressé par l’histoire de Disparaître et par l’auteur, n’hésitez pas à consulter mes chroniques sur les trois romans précédents de Mathieu Menegaux :

Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (troisième roman)

Un fils parfait (second roman)

Je me suis tue (second roman)

Quentin