Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre

Après le décès de Marcel Péricourt en février 1927, Madeleine se doit de prendre la tête de l’empire dont elle est héritière. Mais Paul, son fils, va l’entrainer malgré lui dans une spirale infernale menant au déclassement. Face à la corruption, au fascisme, au sexisme de la société, elle va se battre. Et faire payer cher à ceux l’ayant poussé  dans les abysses… Alors même que l’incendie menace l’Europe entière.

Temps pour lire le roman : quatre jours

Lieu de lecture du roman : métro, canapé, lit, bus

Nombre de pages : 672 pages

Genre : roman historique

Maison d’édition : Livre de Poche

Un grand merci à Livre de Poche pour le livre !

Avant de lire cette chronique sur le deuxième tome de cette trilogie, je vous invite si cela n’est pas fait à lire ma chronique sur Au revoir là-haut, premier de la trilogie et prix Goncourt 2013.

Critique

Je me suis lancé dans Couleurs de l’incendie avec une petite pointe de crainte. Celle d’être déçu par un roman qui potentiellement, pouvait ne pas être à la hauteur du grandiose Au revoir là-haut ainsi que de son adaptation cinématographique. Après tout, qu’est ce que Pierre Lemaitre allait pouvoir nous raconter ? La suite des aventures de Albert dans les colonies ?

Pas du tout ! L’auteur nous plonge dans Couleurs de l’incendie dans la fin des années 20 et le début des années 30. Dans une France en pleine reconstruction, qui essaye de vivre en oubliant la Grande Guerre. Et qui surtout, surtout, ne veut pas entendre parler de la guerre qui sonne à ses portes, poussée par le populisme en Allemagne et en Italie.

C’est dans ce contexte que l’on retrouve Madeleine Péricourt, avec le jeune garçon à qui elle a donné naissance. Alors que celui-ci n’a pas encore dix ans, son grand-père décède. Au moment où le convoi mortuaire approche du cimetière, sous l’œil des plus hautes instances gouvernementales, Paul (l’enfant de Madeline) se jette par la fenêtre.  Il finira paralysé et ne pourras plus jamais marcher. A partir de cette période, tout va basculer dans la vie de Madame Péricourt…

Un monde corrompu

Là s’arrête ma narration de l’histoire du roman. Pour le reste, je vous laisse le découvrir par vous-même. Car oui, si vous avez été séduit par Au revoir là-haut, impossible de passer à côté de sa suite. Reprenant certains personnages du précédent roman tout en en introduisant plusieurs nouveaux, Pierre Lemaitre arrive avec brio à nous embarquer avec lui.

Nous allons ainsi suivre Madeleine qui petit à petit va chercher à se venger. Paul qui, en correspondant avec une grande chanteuse d’opéra, va nous permettre de suivre la montée des extrêmes en France et en Europe. Nous allons également pouvoir parcourir les rues et se rendre compte du racisme montant, de la corruption à tout va, des magouilles en tout genre et des politiques cherchant à tout prix leurs réélections…

Mention spécial à l’auteur pour parler des balbutiements de la publicité et de la communication, qui prendra véritablement son essor vers cette période.

On s’attache aux personnages, même à ceux les plus détestables. Rapidement, nous avons envie de tout connaître d’eux, leurs faits et gestes, leurs états d’âme… Comment résister à une écriture si fine, si juste, si complète ?

Conclusion

Après le magnifique Au revoir làhaut, Pierre Lemaitre signe un deuxième tome totalement différent. Et pourtant, on retrouve dans Couleurs de l’incendie cette ambiance si particulière et surtout le talent incommensurable de l’auteur. Écrit d’une justesse stupéfiante, avec des mots toujours justes et bien choisis, on se laisse porter dans la France des années 30, entre la montée des extrêmes et la colère des Français.  Un roman qui dépeint avec justesse une époque incroyable de notre histoire. Bluffant.

N’hésitez pas à lire ma chronique sur le précédent tome : Au revoir là-hautPierre Lemaitre

Quentin