Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer

Fin du mois d’avril 1945. La guerre touche à sa fin. Retranchée dans le bunker de Berlin, l’une des femmes les plus puissantes du monde voit sa fin arriver : il s’agit de Magda Goebbels. Petit à petit, elle sombre au cœur des secrets qu’elle porte. En parallèle, la jeune Ava marche parmi les survivants. Une enfant frêle qui ne parle pas. Mais qui transporte avec elle un rouleau qui contient les lettres de Friedländer. Un juif mort dans un camp. Surtout, le père de Magda Goebbels…

Temps pour lire le roman : trois jours

Lieu de lecture du roman : métro, canapé, lit, bus, RER

Nombre de pages : 346 pages

Genre : Roman historique

Maison d’édition : Livre de poche

Merci aux éditions Livre de Poche pour l’envoi de ce roman !

Critique

Ces rêves qu’on piétine est le premier roman, si l’on en croit les remerciements, de Sébastien Spitzer. Que peut bien valoir ce roman qui touche à la seconde guerre mondiale, passant de Magda Goebbels aux centaines de milliers de juifs massacrés, nominé au Prix des Lecteurs dans la sélection 2019 ?

Je vous le dis de suite : j’ai été conquis par ce livre. Moi qui ai déjà beaucoup lu sur la guerre de 1939 – 1945, ses conséquences, avant et après, j’ai plongé avec une facilité déconcertante dans ce livre. Sébastien Spitzer alterne les passages où l’on suit Magda Goebbels dans les derniers instants du régime Nazi, les lettres écrites par son père, ainsi qu’une jeune fille quasiment muette, Ava, rescapée d’un camp de concentration.

Avant de continuer, je souhaite vous faire lire ce passage. Il s’agit d’une des lettres de Richard Friedländer, un juif qui se retrouve également être le père de Magda, décédé dans l’un des camps allemands :

[…] Schwarzbach a mis neuf ans pour construire son temple. Je n’ai rien construit. Je n’ai rien bâti. Ma vie ne tient plus qu’à l’hospitalité de Baruch. Mais tes fondations sont les heures que nous avons passés ensemble à interroger la vie, à balayer le mythique, à gratter les mots, les idées, les grands auteurs. A marcher sans rien dire pour écouter le silence. Je mérite bien d’être ton père, même à échelle réduite…

Ces rêves qu’on piétine, Sébastien Spitzer, page 110, Édition Le Livre de Poche

Conclusion

Ce livre nous envoûte, nous transporte par des mots doux et à la fois durs, au cœur de ce que fut certainement le plus grand drame de l’histoire moderne. On se prend de passion pour la petite Ava, qui nous charme par-delà les mots qui lui manquent. On en vient à avoir pitié de Magda Goebbels, pitié de ce que le fanatisme a pu lui faire faire.

Avec une incroyable facilité, Sébastien Spitzer nous plonge au cœur même des derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale avec Ces rêves qu’on piétine. Malgré un sujet plein de violences (que ce soit la destruction, les massacres, les violences …), on ne peut se détacher de ce livre. Arrivant à jongler entre réalité historique et fiction servant le roman, l’auteur nous livre un premier essai bouleversant mais également bluffant.

Ma précédente chronique : Bienvenue à Mother’s Rest – Lee Child

Quentin