Canicule de Jane Harper

Traduit par Renaud Bombard.

Kiewerra est une petite communauté rurale, située au sud-est de l’Australie. Elle se retrouve à l’arrêt, sous un soleil terrassant mais surtout une canicule sans précédent qui dure. Le bétail meurt, les champs disparaissent. Les fermiers peinent à voir comment ils vont s’en sortir. Mais jusque’à tuer femme et enfant, avant de se suicider ? C’est peut-être le cas de Luke Hadler. Aaron Falk, un ami d’enfance, doute de cette version. Pourquoi ? >Tout simplement car il a reçu une lettre par la poste : “Luke a menti. Tu as menti. Sois présent aux funérailles”.

Le départ de Aaron de Kiewarra est encore douloureux. Mais ce dernier a une dette. Et il ou elle est bien décidé à lui faire payer, maintenant.

Temps pour lire le roman :quelques jours

Lieu de lecture du roman : canapé, lit, terrasse, …

Nombre de pages : 442 pages

Genre : Thriller

Maison d’édition : Livre de Poche

Un grand merci à Livre de Poche pour ce livre !

Critique

Canicule de Jane Harper commence lentement. Peut-être un peu trop lentement même. En tout cas, ce que l’on peut dire, c’est que la description des ravages que causent la canicule est très réaliste. On se sent transporté dans le récit, on en vient même à transpirer sur certains passages (et dieu seul sait que le temps était plus que mauvais les derniers jours).

Jane Harper se concentre principalement dans ce récit sur la communauté qui doit survivre, désespérée, hargneuse, prête à tout pour résister. L’auteure retransmet d’ailleurs parfaitement l’ambiance de certains villages à travers le monde, où si l’on est pas né à cet endroit, on restera à jamais un étranger. Et pour ceux qui y sont nés, tout le monde connaît les secrets des autres, sans pour autant en parler. Un mal qui pèse sur la communauté entière.

Impossible donc, pour ceux qui y habitent comme pour ceux qui y reviennent, d’échapper à ce qui a pu se passer. Un conseil ? Ne pas y vivre. C’est ce qui en ressort. Au point de se demander si l’auteur n’a pas eu elle-même affaire à une communauté comme celle-ci. Ce qui expliquerait le degré de précision mais surtout l’immersion rapide du lecteur.

Jane Harper symbolise le point de rupture dans Canicule par la tuerie faite par Luke. Cet événement va servir de catalyseur, de défouloir, pour une population à bout. Symbole d’ailleurs de ce qui se passe dans beaucoup d’endroit à travers le monde.  Parce qu’il pense avoir une dette envers les parents de Luke, Aaron subit la vindicte, les insultes, les agressions d’une population à bout, pour laquelle la tuerie perpétrée par Luke, sert de détonateur et catalyse toutes leurs difficultés, haines enfouies, espérances détruites.

Conclusion

Je n’irais pas dire que j’ai adoré Canicule. Non pas que le roman soit mauvais, loin de là. Mais il est peut-être un peu trop lent à mon goût, ou du moins ne fait pas partie de mes sujets de prédilection. Cependant, il est difficile de se détacher de ce livre. Jane Harper arrive parfaitement à reproduire l’ambiance lourde, pesante, des petites communautés. Une description parfaite de l’Australie profonde (qui ressemble parfois à l’Amérique profonde) bien éloigné de ce que nous, Européens de l’Ouest, connaissent de ce pays. Un livre parfaitement écrit et criant de vérité.

« “Il n’avait pas changé”, tels étaient les mots qui venaient aussitôt à l’esprit. Mais les trois cercueils racontaient une toute autre histoire. »