Blanc mortel de Robert Galbraith

Cadeau de départ lors de ma précédente alternance, je me suis plongé il y a quelques semaines dans ce bon gros pavé qu’est le quatrième tome des aventures de Robin et Cormoran « Blanc Mortel », publié chez Grasset et écrit par Robert Galbraith alias J.K. Rowling.

J’avais eu la chance de pouvoir me plonger il y a maintenant deux ans dans les trois précédents livres grâce au Livre de Poche, que je remercie encore une fois chaleureusement.

Qu’en est-il de ce quatrième tome, qui se veut plus long d’une centaine de page que les précédents ? Attention, cette critique contient des spoilers sur les trois précédents romans.

L’histoire

L’histoire de Blanc mortel débute là où le précédent tome, c’est-à-dire au moment du mariage de Robin. On va alors suivre le déroulé du mariage qui va être plus que chaotique, vous verrez en vous plongeant dans l’histoire. La faute à qui ? Cormoran Strike qui a finalement décidé d’y assister, dans l’espoir également de faire revenir travailler pour lui Robin qu’il avait congédié à la suite de son agression dans le 3ème volume.

Une fois le mariage passé, Strike et Robin (désormais sa partenaire à l’agence), on des dizaines d’affaires sous le coude. Mais une va particulièrement retenir leur attention… Un jeune homme perturbé, Billy, va débarquer dans le bureau de Cormoran et lui demander son aide… avant de disparaître. Peu après, un Ministre de la Couronne va venir lui demander son aide pour contrer un chantage dont il est la cible. Mais Strike le sent, les deux sont mêlés. Ils vont ainsi enquêter sur une affaire vieille de plus de 10 ans, s’engageant sur un chemin mené d’embûche les conduisant d’un manoir dans la campagne anglaise jusqu’au Parlement….

Une relation de plus en plus ambigüe

Il est difficile pour moi de vous parler de ce roman sans vous en raconter l’histoire en profondeur. Néanmoins, ce qu’il ressort de ce nouveau tome, c’est bel et bien le fait que Miss Rowling a décidé de passer à la vitesse supérieure dans la relation Robin – Strike. Ce qui conduit à la rendre de plus en plus ambigüe.

Ce qui est véritablement intéressant avec eux, c’est que nous sommes en face de personnages complexes, ayant chacun une part de sombre en eux. Et devant faire face à leurs propres contradictions. L’autrice réussit le tour de force de parfaitement lier l’intime et le personnel dans l’histoire, sans que cela ne dénote à aucun moment.

Certainement le tome le plus sombre

Blanc mortel est sans conteste le volume le plus sombre des histoires de notre détective british. Une plongée en plein cœur de ce que l’humain peut faire de pire : trafic, drogue, meurtre, mensonge, trahison ou encore chantage. On y découvre ainsi comment une famille peut elle-même s’autodétruire sur la base d’un seul mensonge jamais divulgué.

C’est aussi dans ce roman que J.K Rowling pousse à l’extrême la psychologie des personnages. En effet, il ne me semble après cette lecture qu’aucun des personnages n’est présenté comme quelqu’un de bon ou de mauvais. Mais bien comme des êtres humains qui font des mauvais choix plus ou moins importants.

C’est ce qui fait je pense la force du livre : ne pas tomber dans le cliché du grand méchant qui ne fait cela que par plaisir, juste pour tuer et se divertir. Ou encore torturer le héros principal (petite pique ici à Bernard Minier qui, si je l’adore, a tendance à s’aventurer sur ce chemin-là).

A lire sans attendre

Que retenir de ce roman ? Tout d’abord que contrairement à beaucoup de critiques littéraires, je ne suis pas d’accord : les 100 pages supplémentaires ne sont pas superflues et apportent un réel plus à l’histoire, notamment pour étoffer le caractère de chaque personnage. Il s’agit ainsi, à mes yeux, du tome le plus abouti de la saga et certainement le plus travaillé, que ce soit sur le contexte politique / social, que sur l’histoire en elle-même.

Ai-je au final un avis objectif sur le travail de l’autrice de ma saga préférée ? Je le pense. J.K. Rowling a un talent énorme qui serait dommage de réduire simplement à la saga Harry Potter. Comme j’ai pu le dire dans mes précédentes chroniques, et encore ici avec Blanc mortel, elle confirme qu’elle est capable de switcher entre les différents genres sans aucune difficulté. Et on ne peut que la féliciter pour cela.

Et pour la suite ? De ce que l’on sait, la saga devrait être composée de 7 livres (chiffre apprécié par l’autrice, je vous laisse si vous le souhaitez regarder la superbe vidéo de Xio Nixes à ce sujet). Je vous donne donc rendez-vous d’ici 1 à 2 ans pour le tome suivant, qui je l’espère continuera dans cette magnifique lancée. A très vite !

Ah oui, j’oubliais ! N’hésitez pas à consulter mes chroniques sur les trois précédents tomes :

L’appel du Coucou (tome 1)

Le Ver à soie (tome 2)

La Carrière du mal (tome 3)

Quentin