Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

Après une guerre qui restera comme la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité, deux rescapés tentent, bien qu’abimés, de reconstruire petit à petit une vie normale. Mais devant la difficulté qu’éprouvent les poilus de l’époque pour retourner à une vie normale, ils vont décider de monter une escroquerie aussi spectaculaire qu’elle en est simple.

Temps pour lire le roman : quatre jours

Lieu de lecture du roman : canapé, métro, bus, lit

Nombre de pages : 624 pages

Genre : fiction historique

Maison d’édition : Livre de Poche

Merci à Livre de Poche pour l’envoi de ce roman

Critique

Après ma lecture de la trilogie Verhoeven puis du livre Trois jours et une vie, j’ai décidé de m’attaquer (aider par l’envoie de William de Couleur de l’incendie) au premier tome de la trilogie Les enfants du désastreAu-revoir là-haut, prix Goncourt 2013 écrit par le sublime auteur qu’est Pierre Lemaitre.

Avant de lire le livre, j’ai regardé il y a de cela quelques mois l’adaptation cinématographie, récompensée par ailleurs par 5 Césars. Une adaptation que je ne peux que conseiller, même si elle prend quelques libertés, notamment par rapport la fin du roman.

Pour restituer le contexte, l’histoire de ce livre désormais rentré dans l’histoire de la littérature française, prend place à la fin de la première guerre mondiale, quelques jours avant le 11 novembre 1918. Les personnages vont par là suite évoluer dans le début des années 1920, dans une France qui se remet plus que difficilement des nombreux stigmates et traces d’une guerre tragique et sans pitié…

Là-dessus, on y suit l’histoire de Albert Maillard, soldat ayant faillit se faire enterrer vivant, et d’Edouard Perricourt, qui a sauvé le soldat Maillard de manière héroïque avant de se faire entièrement arraché la mâchoire par un obus. Albert va alors prendre soin de se jeune homme qui a vu du jour au lendemain son histoire changer de tout au tout…

Un chef d’oeuvre

Ai-je véritablement besoin de narrer l’histoire de Au-revoir là haut ? Pour ma part, je ne pense pas. Et cela pour deux raisons : ce serait d’après moi une insulte à Pierre Lemaitre de tenter de raconter un roman aussi magistral et complexe. Mais également car je pense qu’il est indispensable pour vous de le découvrir pour comprendre toutes les subtilités et aussi aiguiser votre curiosité.

Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce duo improbable que constitue Albert et Edouard vont imaginer tout un stratagème pour pouvoir s’enrichir… en vendant des monuments destinés à glorifier les héros mort pour la patrie en 14-18.

Ce qui est intéressant avec Pierre Lemaitre, c’est que son livre prend place non pendant la guerre, mais dans l’après. Dans la gestion de cette période difficile pour l’Etat français mais surtout dans l’abandon que vécurent les Poilus, aussi bien par la population que par le gouvernement lui-même. L’auteur peint en arrière-plan de ce roman l’histoire d’une génération bousillée, charcutée, sacrifiée, que l’on appellera par ailleurs les “Gueules cassées”. Patronyme qui colle d’ailleurs plutôt bien à Edouard, vous le verrez.

Au revoir là-haut est également un réquisitoire contre l’armée, les gouvernements successifs, les aristocrates ou encore les profiteurs d’après-guerre, tout ceux qui n’auront que faire de jouer sur le dos des anciens combattants pour arriver à leur fin. C’est également une réflexion de fond sur ce qu’est, réellement, le patriotisme et l’amour du drapeau.

Conclusion

Pierre Lemaitre, avec Au revoir là haut, nous fait changer d’époque à travers une écriture magistrale, haute en couleur, qui dépeint (de ce que l’on peut en penser et en lire) parfaitement l’esprit de cette période. Arrivant à capturer en quelques simples mots les émotions, les déconvenues, les pensées des protagonistes, l’auteur nous fait parcourir toute une période sombre pour la France. Et que dire du talent que Lemaitre a pour trouver les bons mots, les mots juste pour qualifier tel ou tel événement. un chef d’oeuvre qui pour moi se détache de ce qui a déjà pu être ou de ce qui sera écrit, pour se poser comme l’une des références littéraires à avoir chez soi. Et surtout : à dévorer sans aucune modération.

Il savait que la guerre n’était rien d’autre qu’une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre quatre ans tenait fondamentalement du miracle.

Pour découvrir l’oeuvre de Pierre Lemaitre (au travers les chroniques du blog):

Sa trilogie de polar avec Camille Verhoeven : 

Ma précédente chronique : 7/13 – Jacques Saussey

Quentin