Abattez les grands arbres de Christophe Guillaumot

Temps pour lire le roman : Deux / trois jours

Lieu de lecture du roman : canapé

Nombre de pages du roman : 312 pages

Note : 4,25/5

Genre du roman : policier

Maison d’édition : Points

Merci aux Editions Points pour ce livre !

Critique

Renato Donatteli est gardien de la paix au sein de la brigade des Stups de Toulouse. Mais en interne, tous le surnom le Kanak. Natif de Nouvelle-Calédonie, il est craint par les délinquants : en effet, il en impose par ses deux mètres. Homme intègre, il refuse depuis toujours de participer aux magouilles de ses collègues. Alors que ceux-ci perquisitionne illégalement une planque d’un dealer, il découvre une famille africaine massacrée de plusieurs coups de machette. Prenant l’affaire à coeur, ne voulant être laissé sur la touche par la Crime, il va décider de faire justice. Dans cette histoire, la frontière entre victimes et bourreaux va s’estomper rapidement…

Abattez les grands arbres de Christophe Guillaumot est ma première lecture dans le cadre de la sélection du prix du meilleur roman points 2018 dont je suis jury. Cet auteur est également connu pour son livre Chasse à l’homme qui a obtenu le prix du Quai des Orfèvres en 2009.

Dès le début de ma lecture, je suis rentré dans l’histoire. J’ai dévoré ce roman en quelques jours. Moi qui, à part avec Bernard Minier, n’ait pas l’habitude de lire un polar qui se déroule à Toulouse, j’ai trouvé cela dépaysant et rafraichissant. Ensuite, l’écriture est fluide, direct, et on se plaît à lire un roman qui ne va pas par quatre chemins pour arriver à son but.

Choix très judicieux que celui du génocide au Rwanda pour servir de trame au livre. Pour rappel (très rapide), les Tutsis (minorité mais relativement importante au Rwanda) a été massacré par les Hutus entre avril et juillet 1994 au Rwanda, sans que la communauté internationale n’intervienne réellement. Et cela, malgré la présence de certaines unités françaises. Le nombre de victime est alors estimé entre 800 000 et 1 000 000 de personnes. Dans Abattez les grands arbres, Christophe Guillaumot a travaillé sur ses sources pour pouvoir retranscrire fidèlement les éléments de ce massacre. Mais aussi explorer la piste des bourreaux qui ont, parfois, été accueilli sur le sol de notre nation. Tout en n’oubliant pas de rappeler que la plus part des personnes en France ne connaisse que de très loin cette partie de l’histoire africaine.

Il y a de cela quelques mois, j’avais eu une discussion avec mon père concernant le fait que l’on ne voyait jamais un gardien de la paix en tant que héros d’un polar. L’auteur a donc exaucé mon souhait avec Renato Donnatteli. Ce flic peu conventionnel est tout simplement le type de flic que j’aime : simple, attentionné, mais surtout juste, brave, mais qui sait rigoler. On retiendra particulièrement les différentes expressions tel que “gifle amicale”. Son personnage est plus qu’attachant et l’on prend plaisir à suivre ses histoires. Notamment qu’une jeune légiste, Avril, rejoint très rapidement l’intrigue (soit dit en passant, ce côté là de l’histoire est légèrement cliché).

Malgré cela, quelque chose me chagrine un peu dans ce livre. Si je n’ai rien à redire sur l’histoire en elle-même, ou encore sur la psychologie des personnages, cela vient plutôt de ma cohérence. Je vais essayer de vous expliquer tout cela sans vous poiler. On apprécie bien sûr que Renato continue l’enquête même si la Crime va s’en saisir. Mais… mais cela n’est pas tellement crédible. Surtout qu’à un moment donné, le Renseignement français est de la partie. Et que notre héros arrive à passer entre les mailles du filet et de la hiérarchie, sans avoir réellement de conséquence au final… Tout le contraire d’ailleurs de Soeurs, le dernier roman de Bernard Minier.

Conclusion

Malgré cela, ce polar reste pour autant une très bonne découverte. J’ai déjà hâte de découvrir à nouveau Renato dans ses histoires, tout en lisant avec plaisir ce style si particulier qui fait l’écriture de Christophe Guillaumot. A lire pour passer un excellent moment.