Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam

Temps pour lire le roman : quatre jours

Lieu de lecture du roman : métro/boulot/lit

Nombre de pages du roman : 334 pages

Coup de cœur, déception ? coup de cœur

Note : 5,5/5

Genre du roman : Thriller

En ce moment, nouveau livre, nouvel auteur ! Enfin… Je me lance enfin dans la lecture d’un Maxime Chattam. J’ai jeté mon dévolu sur Que ta volonté soit faite, 20ème livre de l’auteur sorti en novembre de l’année dernière.

Pour son vingtième roman, Maxime Chattam nous fat le portrait d’une petite ville de milliers d’habitants, dans le Midwest américan des années 60 jusqu’à 80. Nous suivons l’évolution de Jon Petersen, pervers, psychopathe, tortionnaire, de sa petite enfance jusqu’au paroxysme de son “art”.  En parallèle, nous pourrons voir l’évolution du shérif de la ville, Jarvis Jefferson.

Ce roman a été pour moi un immense coup de cœur. Il est si unique, si différent de ce que j’ai pu lire. Chattam nous emmène ici dans la partie la plus noire d’un être humain, dans ce qui se fait de pire. C’est aussi un voyage dans une autre époque, dans un coin reculé de l’Amérique, oublié.

Avant de continuer, je tiens à vous faire part d’un passage du livre. Il faut savoir que dans ce roman, certains passages sont racontés par un narrateur, qui ne donnera au final jamais son nom. Même si, à la fin, vous en aurez certainement une idée. Enfin bref, ce narrateur dit au début du livre : ” Du tréfonds de mes convictions de lecteur, j’ai toujours considéré que le récit seul commande la liaison entre lui et son destinataire, la focalisation interne et la narration à la première personne ne relèvent que de choix artistiques et de besoins sémantiques, mais n’imposent rien. Peut importe le mode d’expression, c’est la captation qui domine. Celle du lecteur. Son vécu personnel. Et au fond, ce qui perdure, la rémanence émotionnelle définitive d’un livre dans la mémoire, c’est bien chaque lecteur qui se la construit”. Je coupe ici le passage, je pourrais en écrire plus mais au final l’article ne se finirait jamais.

Tout en étant un véritable hommage aux romans noirs américains, Chattam nous livre ici ses réflexions sur la lecture, sur l’homme, sur l’Amérique, et même sur Dieu. Il nous parle aussi de l’Amérique ancienne, et peut-être pas si lointaine, qui voyait s’affronter les croyances, les doctrines,…

Alors que j’ai d’abord été désarçonné par ce roman, j’ai vite été capté par cet univers si particulier, si différent. Par cette écriture si claire, et qui pourtant demande tant à réfléchir. Ce roman m’a bouleversé, m’a indigné, m’a même giflé par sa puissance, par horreur parfois, mais aussi par sa tendresse à certains moments. Par sa vérité aussi. Mais même si ce roman nous fait part de violence, elle n’est jamais montré directement, jamais surenchéri. Non, c’est une violence muette, une violence “tout en douceur” pourrait-on dire. Une violence vraie.
On retrouve cette ambiance malsaine des petites villes ou tout le monde se connaît, ou tout le monde y habite depuis des générations, et où y règnent des secrets inavouables. Les personnages sont plus que réussis, que ce soit les victimes, la tante de Jon, son fils, sa femme, et  Jon lui même. On s’attache à eux, on en déteste certains, on cherche la faille. On pleure pour eux, on rit, on s’indigne. Que dire aussi du narrateur présent tout le long de l’histoire ? Sans trop en dévoilé, c’est certainement lui qui fait de ce roman ce qu’il est. Personnage ambiguë, caché, qui sait beaucoup sur l’histoire de Jon sans pour autant tout savoir. Qui nous parle de ses réflexions, de son vécu, de l’avenir, de la ville, de l’Amérique.

Conclusion

Que ta volonté soit faite restera comme l’une de mes meilleurs lectures de cette année, à coup sûr. Véritable hommage au genre, il nous livre l’histoire d’un temps révolu qui pourtant nous apprend beaucoup sur l’être humain et sur ce qu’est l’Amérique. Chattam nous dépeint ici l’essence même du mal. Pas celui qui se montre au grand jour. Celui qui se cache, qui frappe à petit coup, tout en retournant dans l’ombre. Un coup de maître qui n’a rien a envié à Stephen King. L’auteur a encore beaucoup à nous apporter, mais aussi encore à nous surprendre. Il l’a magnifiquement prouvé avec ce roman.

Notre précédente review ici. Retrouvez aussi toutes les autres ici !

Si vous voulez acheter Que ta volonté soit faite, cliquez ici !